Etiquette : Récits

Un été en Flandre avec Mme de Lamartine

En juillet 1822, Alix de Lamartine, mère du célèbre poète, rend visite à sa fille Eugénie qui demeurait à Hondschoote depuis 1820. Cette dernière avait épousé en août 1816 Bernard de Coppens d’Hondschoote, un officier de 29 ans alors en garnison à Mâcon.

Mme de Lamartine tenait un journal intime depuis plusieurs années. Elle y notait le résumé de ses journées, ses pensées et ses impressions. Elle ne dérogea à cet exercice durant son séjour en Flandre de juillet à octobre 1822.

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Charles Dickens, In the french-flemish country

‘It is neither a bold nor a diversified country,’ said I to myself, ‘this country which is three-quarters Flemish, and a quarter French; yet it has its attractions too. Though great lines of railway traverse it, the trains leave it behind, and go puffing off to Paris and the South, to Belgium and Germany, to the Northern Sea-Coast of France, and to England, and merely smoke it a little in passing. Then I don’t know it, and that is a good reason for being here; and I can’t pronounce half the long queer names I see inscribed over the shops, and that is another good reason for being here, since I surely ought to learn how.’ In short, I was ‘here,’ and I wanted an excuse for not going away from here, and I made it to my satisfaction, and stayed here.

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Lettres flamandes par Henry d’Ideville

Lettres flamandes
Auteur : Henry d’Ideville – fichier : pdf

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Extrait

II est vrai que nous sommes en Flandre, et qu’ici, la colline qui sert d’assise à la petite cité flamande peut fort bien être classée au rang de montagne. — Tout est relatif en ce monde. Or. depuis Paris, nous n’avons point perdu de vue les plaines, plaines de Picardie, plaines d’Artois, plaines de Flandre, riches sans doute et fertiles, mais singulièrement monotones.Après ces horizons interminables, les yeux oui besoin de se reposer, de s’abaisser sur un premier plan. Une soif ardente de verdure, de collines boisées, de cours d’eau et de monticules s’empare du voyageur; voilà pourquoi nous saluons avec tant d’enthousiasme les hauteurs de Cassel, ses moulins à vent historiques et ses clochers qui dominent orgueilleusement la plaine. De la terrasse du château (157 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer), on aperçoit trois royaumes, trente-deux places fortes et cent villes ou villages, sans compter les phares, la tour de Dunkerque et lamer du Nord dans son immensité. Par les temps clairs, on découvre la rade de Douvres et les clochers de Bruges. — « Ceci est possible, répondait à un fier Casselois un quidam originaire des Pyrénées, mais vous serez toujours du pays de Lilliput. Tenez! votre montagne et votre ville, à nous autres du Midi, fait reflet d’un morceau de sucre au milieu d’un plat! » — Nous aimons trop Cassel pour penser un seul instant que l’habitant des Pyrénées ait pu s’approcher de la vérité. N’est-ce pas trop déjà de reproduire celle calomnie ? Toujours est-il, qu’au milieu de ces plaines immenses, qui deviennent,à mesure qu’on approche de la mer du Nord et de la Belgique, plus tristes et plus monotones, Cassel et ses environs forment une véritable oasis, un coin de paradis. — Ce n’est pas seulement le panorama splendide que l’on découvre du plateau de Cassel. son air vivifiant et embaumé, ses souvenirs historiques et ses antiquités qui ont fait la réputation de la petite ville flamande, ce sont ses alentours, nids de verdure où il serait si bon de tout oublier; ces frais pâturages bordés de grands arbres, ces fermes riantes et ces jolis villages aux habitations de brique qui se détachent si heureusement sur le fond sombre de la verdure. — II y a surtout, en quittant à droite la station de Cassel, au pied du village d’Oxelaere, une certaine construction Louis XIII, nouvellement élevée, qui nous a paru un modèle d’élégance et de goût. Nous nous tromperions fort si dans ce beau parc où nous apercevons sur les pelouses s’agiter, au milieu de graves cigognes, un essaim de joyeux enfants, si dans cette habitation confortable où l’on distingue, penchées au balcon, des blanches silhouettes de jeunes femmes, le bonheur calme et vrai n’était venu se réfugier.