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François Joseph Bouchette (1735-1810)

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François Joseph naît à Winnezeele le 25 août 1735. Il est le fils aîné de Jacques Joseph Bouchette, avocat à Steenwoorde et bailli de la seigneurie de Winnezeele et de Jeanne Angélique Outters. Il eut 4 frères et sœurs dont 2 moururent en bas age.

Le père décède en juillet 1744 et peu de temps après la famille Bouchette s’installe à Bergues. François Joseph y fit ses études au collège de Cupere dirigé par les jésuites puis à Douai en 1757 où il étudia le droit. En avril 1760, il prêta le serment d’avocat devant le Parlement de Douai.

Il s’installa à Bergues, siège du Magistrat et de la Châtellenie, et s’assura une clientèle tant au civil qu’à l’ecclésiastique. Sa notoriété et ses capacités en droit lui permirent d’être nommé échevin de la seigneurie de Moerlandt en janvier 1767.

Sa bibliothèque riche de 900 volumes, dont plus d’une centaine consacrés aux droits français et coutumiers, possède également des ouvrages philosophiques et politiques de son temps (Voltaire, Helvétius, Montesquieu, Rousseau, d’Holbach, Diderot, Buffon, Restif de la Bretonne, Volney, Condillac, Mably et Raynal). Leurs lectures et les événements politiques et religieux du règne de Louis XVI contribueront à former la conscience réformatrice, voire révolutionnaire de Bouchette.

En janvier 1789, devant les difficultés financières du pays, le roi convoqua les Etats généraux. A Bergues, Bouchette agit sur les habitants de la ville par des brochures et sur les villageois de la Châtellenie soit par son éloquence personnelle, soit par l’intermédiaire d’hommes de confiance, tels ses amis De Carren et Moutton. Lors de la réunion des délégués des corporations sous la présidence du Magistrat et de son chef le bourgmestre Salomon David, Bouchette prit en main les discussions. Dans un mémoire, il dénonça l’arbitraire et l’illégalité de l’administration, souhaite des Etats généraux périodiques, la responsabilité ministérielle, l’abolition des privilèges, la liberté de la presse, la suppression des douanes et des entraves au commerce. L’assemblée adopte les formules qu’il propose et c’est sur ses indications que son nommés les douze membres chargés de prendre parti à l’élection bailliagère. Bouchette est le premier élu de cette liste où figurent nombre des ses amis, et les officiers du Magistrat en sont entièrement exclus. Ces derniers tenteront en vain de contester cette élection.

A Bailleul, Bouchette fut également l’un des personnages les plus en vue. Il est nommé scrutateur et membre de la commission chargée de condenser dans une rédaction unique l’ensemble des plaintes et doléances. Son zèle reçut la récompense qu’il convoitait. Il fut élu, le 10 avril 1789, comme représentant du bailliage en compagnie de De kytspotter, lieutenant criminel au présidial de Bailleul, Herwyn conseiller pensionnaire de la ville d’Hondschoote et de Lattre de Batsaert, avocat à Merville.

A Versailles, les quatre membres du Tiers État accompagnés de l’évêque d’Ypres (jusqu’à l’invalidation de son élection le 20 juillet) et du curé de Blaringhem vivent dans la même maison. Cette lune de miel cependant ne dura pas. Lors de l’installation de l’Assemblée à Paris, Bouchette s’éloigne de ses collègues les considérant trop proches du parti aristocratique. Les désaccords portent sur la question religieuse (serment civique), la franchise de Dunkerque et le siège du tribunal de district.

A l’Assemblée constituante, il ne fut membre d’aucun comité spécial à son grand regret. Avec trois de ses collègues, il prête et signe le serment du Jeu de Paume. Il fréquente de bonne heure le Club des Jacobins, lit leur journal, engage la société des Amis de la Constitution de Bergues à s’y affilier.

Il fut de retour à Bergues en octobre 1791 et ne participa pas pour quelques temps à la vie politique. Il est toutefois élu président de la société des Amis de la Constitution à l’unanimité en avril 1792.

Le 26 octobre 1792, la Convention Nationale suspendit la municipalité suspectée « de ne pas mettre à exécution les lois sur les biens des émigrés … » et la remplaça par une nouvelle à la tête de laquelle fut placé Bouchette. Nommé maire dans ses conjonctures, il se montra un fervent républicain approuvant la liste des émigrés, des prêtres réfractaires et des gens disparus, dont les biens sont inventoriés et vendus.

Mais le 15 avril 1793, Bouchette est suspendu de ses fonctions de maire pour avoir déclaré prêter « purement et simplement » le serment civique. Il attendra le départ des anglais et des Autrichiens battus à la bataille d’Hondschoote pour publier un mémoire justificatif. « Purement et simplement » signifiait pour Bouchette « sans restriction ». Il en profite pour régler ses comptes avec le président du District accusé d’avoir laissé la ville de Bergues sans défense, et demande sa réintégration dans ses fonctions de maire. En vain.

Pire, il voit se dresser face à lui Régulus Leclerc, soi-disant commissaire du pouvoir exécutif qui le traita d’ambitieux et de vouloir se servir de la Société populaire à ses fins. Bouchette fut interné à son domicile en attendant de comparaître devant le représentant Isoré. Celui-ci ne se présenta pas à Bergues. Mieux, le Comité de surveillance de la Société est renouvelé et crée une nouvelle commission en décembre 1793 pour enquêter sur l’inculpé Bouchette. Cette commission, n’ayant reçu aucune dénonciation à la charge de Bouchette, mais au contraire des preuves de son patriotisme, le déclare non coupable. Régulus Leclerc est arrêté quinze jours plus tard sur ordre du ministre de l’Intérieur.

Bouchette retrouva grâce auprès des autorités. Joseph Lebon le présente en février 1794 comme une personne digne de confiance « d’un caractère ardent, plein de génie, ayant de grandes connaissances en littérature et agriculture, surtout bon jurisconsulte, d’un républicanisme très prononcé (…) propre aux administrations et tribunaux de district ». Il n’apparaît pas cependant qu’on ait fait appel à lui par la suite ou si on le fit, il n’y répondit pas et se contenta de remplir des rôles subalternes moins exposés aux foudres du pouvoir.

Il présida le bureau d’administration des orphelins de la ville, fut membre de la commission chargée de faire un tri parmi les ouvrages et tableaux provenant des communautés religieuses pour constituer un fonds de la bibliothèque municipale et du musée. En juillet 1795, il est nommé assesseur du juge de paix. Sous le Consulat et l’Empire, nous ne le trouvons plus parmi les hommes chargés de fonctions officielles, laissant ce soin à de plus jeunes et plus souples que lui, conservant pour lui ses convictions et ses préférences politiques. Il consacra son temps à la gestion de son patrimoine. Il décède le 9 septembre 1810 à l’age de 75 ans.

Consulté 4 187 fois, modifié le 20 mars 2016 - Imprimer cet article

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