La chapelle et le collège des jésuites à Bailleul

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La chapelle et  le college des jésuites à Bailleul au débit du XXe siècle

Les jésuites à Bailleul par le chanoine L. Détrez.

Fondation.

Ancien centre drapier, situé sur une hauteur de la chaîne des Monts de Flandre et Je long de l’ancienne voie romaine de Cassel à Wervicq, doté en 1292 d’une foire marchande et rangé alors parmi les dix-huit villes de la Hanse de Londres, Bailleul a vu son industrie ruinée par les troubles religieux du XVIe siècle. Siège d’un doyenne qui se trouve, depuis 1551, passé du feu diocèse de Thérouanne sous la crosse de l’évêque d’ Ypres, ce coin de terre est encore, au début du XVIIe siècle, sous l’Influence des doctrines calvinistes.

Mission temporaire (1595) — D’Ypres où ils ont dès 1585 ouvert un collège, les Jésuites viennent y donner les stations de Carême et d’Avent. Le doyen de chrétienté, M. Josse de Peystre, appuyé par les notables et par le Magistrat, sollicite, en 1613, du P. Charles Scribanî, provincial de la Fiandro-Belge, la faveur d’une Mission permanente, composée de cinq religieux dont trois prêtres : ils seront logés aux frais de la ville et dotés d’une rente de 700 florins.

Mission fixe (1614). — C’est en mai 1614 que le P. Jacques Habbé, le P. Antoine Mélanthois. et le Frère Mathieu Charlé inaugurent la Résidence. Les Lettres annuelles de 1616 en font, mention pour la première fois. Une nouvelle démarche est alors tentée par les notables : Adolphe de Pamèle, gouverneur et gros bailli ; Cornil de Bur, avocat ; Jean Ryspoort, vice-prêteur ; Guislain de Poortere, conseiller ; Jean Samyn, syndic. En vue d’obtenir que la Mission provisoire soit érigée « avec rang et privilège de Collège », ils s’engagent à fournir aux Pères une chapelle et les bâtiments nécessaires : un apport annuel de 2.400 florins, provenant d’une ancienne léproserie, et susceptible d’être augmenté d’une somme de 1.300 florins, serait, affecté à la fondation.

Résidence-Collège (1617) — Le P. Général, le 10 juin 1617, donne avis favorable. Le Magistrat de Bailleul, le 5 juillet suivant, confie à son greffier Guislain de Poortere et à son conseiller- pensionnaire Jean Samyn, le soin de traiter avec le Provincial la question de la Résidence perpétuelle. Celle-ci est définitivement créée par contrat du 15 juillet. Elle comporte, outre le ministère de la prédication, des catéchismes et des confessions, la visite des malades et des prisonniers, trois classes latines, ayant chacune son régent, extensibles en proportion du nombre éventuel des élèves jusqu’à la Cinquième inclusivement. Septembre 1617 marque l’ouverture du nouveau Collège, auquel les Archiducs Albert et Isabelle d’Espagne attribuent une rente indivise sur l’impôt de Flandre. La maison, dès l’année suivante, compte, sous la direction du P. Jacques Habbé, premier supérieur, onze religieux, Deux Congrégations sont fondées, l’une sous le vocable de la Sainte Vierge, l’autre des Saints Anges.

Histoire.

La construction (1619-1622) — La Municipalité réalise dès 1619 sa promesse de construire. Elle s’est acquis un terrain contigu à celui que les Pères occupent depuis cinq ans. à proximité de l’église paroissiale : sorte de quadrilatère irrégulier dont les « sept quarts et quarante-quatre mesures » forment l’ancien fief de Schaeblick, autrefois remarqué par le P. Henri Schéran, Visiteur de la Compagnie. Le contrat de vente, signé le 22 mai 1619, est confirmé le 21 octobre 1620 par les Archiducs, Le nombre des élèves, dès 1621, exige la division des deux premières classes en Rhétorique et en Humanités. Le nouvel établissement compte dès lors quatorze religieux, dont cinq pour les classes, Face à la chaîne des collines et front à la « rue des Jésuites », les murailles ont surgi du sol. Déjà le chantier a coûté trois mille florins quand le P. Jacques Bonte a recueilli, en 1619, la succession du P. Jacques GarganL A lui de conduire les travaux et de faire exécuter les plans. Ceux-ci ont fait l’objet d’études très poussées: divers projets, aujourd’hui conservés aux Archives générales du Royaume de Belgique, en font foi. Sur une vaste cour de récréation s’ouvrent les cinq classes auxquelles fait suite l’infirmerie, et qu’un jardin de plaisance, de cent pieds de large sur autant de long, sépare de remplacement réservé, vers l’ouest, à la future chapelle. Celle-ci sera longue de 126 pieds, complétée par un oratoire, une sacristie, une bibliothèque, qui rejoindront l’aile septentrionale réservée aux cuisines et au réfectoire.

Sous la Maison d’Espagne (1583-1678) — La construction des locaux scolaires devance l’édifice spirituel. Tandis que cinq professeurs enseignent, cinq autres Pères s’occupent du bien des âmes. La pratique religieuse, ainsi qu’en témoignent les Lettres annuelles, est en progrès. Endeuillée par la mort de M. Josse de Peystre, qui fut, comme curé, le véritable fondateur et qui s’en est allé frapper à la porte du noviciat de Malines où il vient de mourir (11 décembre 1619), l’année 1620, marquée par l’indiction d’un jubilé, témoigne d’une recrudescence de confessions, de communions, de conversions, un éveil même de vocations. Les temps néanmoins sont durs et troublés. La mort de l’Archiduc Albert (13 juillet 1621), les difficultés financières du Magistrat qui, dans le seul été de 1621, a jeté dans les constructions du Collège plus de trois mille florins, les guerres et les charges croissantes empêchent la ville de faire face à ses engagements. Un legs important d’une personne pieuse laisse entrevoir le réveil des chantiers : c’est l’heure même où le P. Jean de Witte prend en mains le gouvernail (1622). C’est lui qui signe, le 14 octobre, la déclaration des biens des Jésuites de Bailleul : il y affirme que la Résidence ne possède en propre ni fonds ni revenus, mais uniquement l’usufruit des biens de l’ancienne Maladrerie, ce qui peut équivaloir, toutes charges réduites, à une rente maximum de mille florins par an ; Il y faut ajouter un revenu annuel de cinq cents florins, assuré par la Châtellenie. Ce n’est pas certes de quoi stabiliser l’équilibre du budget, d’autant que le nouveau recteur attendra deux longues années la réponse du Conseil de Flandre à Madrid à la protestation adressée à la Cour d’Espagne en vue d’obtenir la levée d’une confiscation sur la rente de cinq cents florins dont les Pères ont jusqu’ici joui paisiblement. Devant ces difficultés financières, le Magistrat propose, au cours d’une conférence avec les notables, l’établissement d’un impôt sur la bière. Ce vœu, adopté en séance municipale du 26 août 1623, rallie également les suffrages des enclaves et seigneuries annexées à la cité : Prévôté de Saint Donat de Bruges et Ambacht de Bailleul. Le 23 décembre 1624 le roi d’Espagne. Philippe IV, signe à Bruxelles l’octroi qui autorise, pour une durée de quatre ans, la levée d’un impôt de « trente patars sur chacusne rondelle de forte bière débitée dans les auberges de la ville et paroisse de Bailleul ». La taxe, dont le rendement n’atteint, la première année, que 1600 florins au lieu des trois mille espérés, ne manque pas de soulever quelques récriminations. L’écho en parvient aux oreilles du P. Général qui n’hésite pas à condamner le procédé. Les travaux cependant, repris avec ardeur dès le début de 1624, ont permis à la communauté, pour les fêtes du Pâques, d’occuper un corps de logis. Le Samedi-Saint de l’année suivante, elle prend possession des bâtiments que lui offre la Municipalité. En avril 1625, la Résidence de Bailleul est, officiellement, transformée en Collège, ainsi qu’en témoigne ce chronogramme : COLLEGIVM SOCIETATIS IESV BELLIOLI BELLE APERIEBATVR IN APRILI.

La joie, hélas ! est assombrie par la mort prématurée du recteur, le P. Jean de Wltte, enlevé, le 18 février 1627, à trente-huit ans. Le P. Olivier Heyse vient de lui succéder, lorsque s’abat sur la Flandre, au début de 1628, une épidémie de peste bubonique. Elle fournit aux communautés religieuses l’occasion de se dévouer. Jésuites, Capucins, Sœurs Noires, Scieurs Grises, se prodiguent au chevet des pestiférés, dans les maisons marquées d’une barre à la craie blanche : les Jésuites paient ainsi au centuple le geste libéral par lequel le Magistral leur a dévolu les biens de l’ancienne Léproserie. Trois religieux du Collège succombent : les PP. Corneille Van den Steen et Guillaume Ingelbrecht, et le Frère Josse Van Ackeren. Au P. Vincent le Boucq, d’Anvers, qui vient, le 3 avril 1629, remplacer, comme recteur, le P. Heyse dont la santé est compromise, sont, prodigués les témoignages de la gratitude populaire: le Magistrat traduit sa reconnaissance par un don de 2.000 florins auquel l’Ambacht et la Prévôté joignent respectivement un secours de mille et de 200 florins. Ce subside permet au Collège la construction d’une brasserie et d’une boulangerie.

La chapelle toutefois manque toujours. Divers plans de 1619 et 1620, dont il reste des croquis sommaires, permettent de suivre l’évolution des projets: tantôt prévu à l’est et tantôt à l’ouest  es bâtiments scolaires, l’emplacement de l’église est enfin choisi à l’ouest, sur un espace de 120 pieds sur 40. On prévoit, pour le vaisseau, trente-cinq pieds de hauteur sous clé de voûte,. une façade en front-à-rue, une tour dans l’angle orientai du transept, l’édifice conçu par le Frère Coadjuteur Jérôme de Ghent, — il conduira personnellement les travaux jusqu’à leur achèvement — est du style Renaissance qui a, depuis 1630, supplanté dans les collèges de la Compagnie le style ogival.

Jérôme de Ghent, né à Gand le 2 mai 1602, de  son métier maçon mais artisan qualifié comme beaucoup l’étaient à cette époque, fut reçu dans la Compagnie le 6 décembre 1630 et y mourut le 3 août 1636. Le Catalogue triennal (1636) fait grand état de ses talents. L’unique œuvre qu’on connaisse de lui est cette chapelle de Bailleul que l’Historia Collegii Belliolani (1636) qualifie : forma elegans imprimis et Italis saepius quan Belgis usitata (J. Braun, Die Belgischen Jesuitenkirchen…, p. 115).

C’est en 1632 qu’est posée la première pierre. Grâce aux libéralités de deux insignes bienfaiteurs : Corneille de Bur et Guislain de Poortere, les chapelles de la Vierge et de saint Jean sont amorcées. Le peuple, à ce nouveau tournant de son histoire marqué par les difficultés de l’empereur Ferdinand II en Silésie, se tourne avec confiance vers la Madone, vers la petite statue surtout de Notre-Dame-de-Foy que le P. Guillaume de Wael, provincial, a fait naguère parvenir aux Jésuites de Bailleul, et qui, bénite en 1625 par Antoine de Hennin, cinquième évêque d’ Ypres, est vénérée dans une chapelle de l’église paroissiale. Non moins populaires sont Notre- Dame du-Fief, Madone locale dont le culte remonte aux croisades, comme aussi Notre-Dame des-Douleurs, sous le vocable de laquelle les Pères ont placé leur Congrégation des hommes mariés.

Il faut quatre années pour atteindre le faîte de l’église : elle est couverte en 1635, en dépit des difficultés accumulées par la guerre et malgré la pénurie du trésor communal, grâce à un nouvel impôt prélevé sur chaque tonne de bière vendue dans la ville et aux libéralités du Provincial. Le nouveau sanctuaire est, de toute la Flandre, au dire du chroniqueur, le seul vraiment digne de saint Joseph auquel il est consacré, Sou appareil en briques rouges, sa haute façade encadrée de pierres blanches, son gracieux fronton surmonté d’une croix, ses vitraux dûs au talent de Martin van den Steen qui, trente ans plus tard entrera dans la Compagnie (1664), lui confèrent à la fois élégance et majesté. La date du 7 septembre 1636 est choisie pour la solennelle Inauguration dont les cérémonies se prolongent durant trois jours et se cristallisent en un chronogramme latin : AETERNOS HONORES TIBI VOVENT OMNES, O IOSEFH FIDE HVIVS VRBIS CVSTOS ET PATRONE.

Précédé par une réputation d’orateur émérite, le nouveau recteur, le P. Henri van den Greyn vient alors, au début de mai 1637, prendre la succession du P. Vincent Le Boucq qui, depuis plus de huit ans, gouverne la maison.

En 1635, Bailleul, ville ouverte, clef de la Flandre du côté de l’Artois, se trouve de nouveau menacée par les armées françaises qui investissent la place de Saint-Omer. Les opérations militaires autour de Lillers, d’Aire-sur-la-Lys, d’Hesdin, s’y répercutent douloureusement par des passages de troupes et des réquisitions. Les études se poursuivent néanmoins au Collège où le nombre des élèves est en croissance au point d’atteindre 119 en octobre 1640, à l’heure même où le P. Van der Greyn cède au préfet des études, le P. Michel Crabeels le gouvernail d’une maison en pleine prospérité. Afin de marquer sa reconnaissance pour la paix recouvrée (décembre 1641), le Magistrat décide d’agrandir les classes et vote un crédit de 3.000 florins. Dans le cours de l’année 1644, l’incursion des armées françaises jette, à trois reprises, la panique dans la région. Recteur depuis le 19 juillet de l’année précédente, le P. Charles de Beaurain, de Bergues Saint-Winoc, tente prés du général en chef, avec le P. Gardien des Capucins, une démarche en vue d’obtenir, pour les instituts religieux, la sauvegarde contre le pillage et l’incendie. Il est remplacé en 1643 par le P. Corneille de Ridder auquel succédera, le 27 novembre 1646, le P. Gilles Tennier.

Le traité de Westphalie (1648), en désarmant l’Autriche, ne met point un terme aux hostilités entre la France et l’Espagne. Au P. Pierre de Nole, nommé recteur le 12 mars 1650, il est cependant donné d’enregistrer des  dons généreux par lesquels plusieurs notables de la ville témoignent à Dieu leur reconnaissance pour le retour de la paix. Aux 18.000 florins qui viennent de la sorte alléger les dettes du Collège, la Municipalité de l’Ambacht ajoute le 17 octobre 1651, un arrérage de rentes au profit de la Compagnie. Court armistice, car la guerre ne tarde pas à ramener vers Bailleul les troupes du marquis de Créquy et du duc d’Elbeuf. Pour châtier la population de sa fidélité au roi d’Espagne, les Français mettent le feu aux quatre coins de la ville. Aux lueurs de l’incendie, qui détruit de fond en comble cinq cents demeures et le couvent des Capucins, mais respecte le Collège, les douze Pères de la Compagnie assurent, au péril de leur propre vie, le sauvetage des habitants et de leurs biens. Mais c’est alors la famine dans la pauvre cité rançonnée par les envahisseurs. Sous la direction du P. Thomas van Nevele, recteur depuis mars 1653, les Jésuites se font la Providence du pays, jusqu’à ce que le P. Henri Laureys, en prenant en mains les destinées de la maison (4 avril 1656), s’applique à lui rendre une prospérité bien compromise par les épreuves que la ville vient de traverser.

Bailleul, au cours des campagnes de Turenne, redevient un relais pour les armées d’invasion (juillet 1657). La terreur ne cesse de régner sur la petite ville et le collège lui-même est transformé en asile de réfugies. La concentration des troupes françaises autour d’Ypres, quartier-général du roi d’Espagne Philippe IV, leur entrée dans Cassel, l’afflux des renforts vers la côte où va s’engager la bataille des Dunes, font renaître l’inquiétude. Le Père Recteur intercède auprès des états-majors en faveur de la cité. Le désastre espagnol consacre La victoire française, et le soleil du 7 novembre 1650, en éclairant la signature du traité des Pyrénées, met fin aux hostilités qui n’ont guère cessé depuis vingt-quatre ans. Tandis que Dunkerque, Bourbourg, Gravelines, passent sous le sceptre de Louis XIV, Bailleul, ainsi qu’Aire et Saint-Omer, Lille et Valenciennes, restent à l’Espagne. La paix une fois recouvrée, les études, sous la direction du P. Antoine van den Stock qui, depuis le 3 juillet 1659, a recueilli la succession du P. Henri Laureys, retrouvent un rythme plus actifs L’accroissement du chiffre des élèves fait porter de 12 à 14 le nombre des Pères.

Mais Louis XIV convoite la Flandre. Le 6 mal 1667 il fait irruption dans les Pays-Bas. Les opérations militaires, les capitulations successives des Espagnols à Bergues, Tournai, Lille, ont leur répercussion jusque dans Bailleul, frappée de lourdes contributions de guerre. Le 2 mai 1668 le traité d’Aix-la-Chapelle reporte sur la Lys, à deux lieues à peine, la frontière franco-espagnole. Le 11 novembre 1675, le P. Georges van den Kerchove qui, depuis le 30 août 1672, préside aux destinées du collège, quitte Bailleul pour Bruges. A son successeur le P. Philippe de Pauw, dont le rectorat sera marqué par d’angoissantes difficultés, les habitants font un accueil enthousiaste.

Les conquêtes du Roi-Soleil à travers la Flandre (mars-avril 1677) vont maintenant mettre fin à l’occupation espagnole. Le 25 décembre 1677, jour de Noël, le Maréchal d’Ixelles, au nom de la France, fait son entrée dans Bailleul ; son armée prend possession du collège pour surveiller de là les tentatives de l’ennemi. Les vexations ne prendront fin que l’année suivante, grâce à la signature du traité de Nimègue (17 septembre 1678)  qui instaurera définitivement le régime français.

Le régime français (1678) — L’assimilation s’opère sans heurts, facilitée surtout par le P. Jean-Baptiste Crocé, nommé recteur le 20 mai 1678, et par une nouvelle délimitation des Provinces mieux adaptée à la frontière linguistique. Mais le 8 mai 1681 un incendie détruit la ville de fond en comble. Construites pour la plupart en torchis et couvertes de chaume, les maisons forment, avec la Maison commune et l’église, les couvents et le Collège, un immense brasier. Sans se laisser décourager les Jésuites sollicitent de Louis XIV la confirmation des privilèges accordés aux collèges de la Compagnie sous la domination espagnole, et, sous la direction du P. François Bieswal, recteur, prennent la tète de la restauration. Grâce à des revenus dûs par le Royaume au collège de Louvain, grâce aussi aux arrérages que doit acquitter le Magistrat, ils reconstruisent Collège et chapelle avec les matériaux restés de l’incendie. Un architecte de la Compagnie, le Frère Jean Begrant (1623-1694), dresse un devis qui s’élèvent à vingt-mille florins. Les travaux, activement poursuivis, ouvrent en octobre 1686 à la jeunesse studieuse, les nouveaux locaux. Mais le Collège vient à peine de recouvrer son activité d’antan, que le spectre de la guerre se lève encore en 1706 sur les Pays-Bas. Le siège de Lille (août 1708) et sa capitulation le 23 octobre ont leur contre-coup sur Bailleul. La victoire de Villars à Denain (24 juillet 1712) libère enfin la Flandre, et la célébration de la paix, signée à Rastadt entre la France et l’Empereur (6 mars 1714), coïncide à Bailleul, le 10 juin, avec les solennités qui commémorent le centenaire de l’établissement des Jésuites.

Le collège après la suppression des Jésuites (1762).

Le coup de mort porte aux Congrégations de la Sainte-Vierge (18 avril 1760) ne fait que préluder à la fermeture des collèges de la Compagnie, décrétée le 6 août 1761. Ni l’échevinage ni la population de Bailleul n’arrivent à comprendre le motif de la dissolution prononcée par l’édit royal de novembre 1764 ; les Pères, par arrêt du Parlement de Flandre (12 décembre), sont mis en demeure de quitter le Collège auquel le trésorier de la ville, Joseph Baelde est, en avril 1765, préposé au titre de « receveur-économe ». La municipalité proteste à sa manière en votant aux Pères une gratification de 1.800 livres, les Comptes de la ville témoignent de sa reconnaissance et de son admiration « pour les services par eux rendus tant en enseignant la jeunesse qu’autres fonctions utiles au public ». Le P. de la Béruyère qui, depuis octobre 1758, est l’âme de la maison doit céder à la force. Il lui est enjoint de dresser l’inventaire des « biens et effets ». Un commissaire royal, escorté d’un piquet d’infanterie, lui notifie la fermeture de l’établissement. Les scellés sont apposés sur la bibliothèque, les archives, la sacristie : les régents sont expulsés ; tous s’éloignent, sauf le Recteur et trois Pères. Un « bureau d’enseignement » créé par l’édit de février 1763 et formé de sept membres, prend alors à charge l’administration du collège dont la direction est confiée à un prêtre séculier, Joseph du Bois. Assisté de deux « ci-devant Jésuites non profès » : Corneille Keyaerts et Bernard Bernaert, son frère Jacques, et Decherf, prêtres séculiers, le nouveau Principal et le Préfet doivent assurer les messes et le ministère des confessions dans l’église du Collège. Lorsque le collège de Cassel, en 1767, est remplacé par une « pédagogie » où l’on n’enseigne plus les Humanités, ses biens sont joints à ceux de Bailleul et six bourses y sont fondées au profit des Casselois.  L’économie des études se conforme au plan adopté dans tous les collèges du royaume. Le 30 mars 1789, les 600 représentants du Clergé, de la Noblesse et du Tiers-Etat, chargés d’élire les députés de la Flandre Maritime aux Etats généraux qui se tiendront à Versailles le 27 avril, se rassemblent dans la chapelle du Collège. Les jours suivants, dans la chapelle et dans la salle du Congrégation, Tiers et Clergé rédigent leurs Cahiers de doléances. En ces murs où revivent tant de souvenirs de l’éducation donnée depuis plus d’un siècle et demi par les Pères de la Compagnie, les délégués du peuple déclarent souhaiter « que les abbayes soient tenues d’enseigner gratuitement la jeunesse et d’établir des collèges dans les villes de cette provinces » ; ceux de la noblesse : « que l’enseignement soit de nouveau confié aux congrégations religieuses et que l’on rouvre les collèges. » Les études, interrompues durant quinze jours par les séances de l’assemblée du bailliage, reprennent sous la direction de Pierre de Conninck, principal, et de quatre régents. Ceux-ci, pour avoir refusé le serment à la Constitution civile du clergé votée le 22 juillet I791, sont destitués ; la Municipalité ferme le collège et débaptise la « rue des Jésuites » pour en faire la « rue de l’instruction ». Des professeurs et des principaux de fortune, parmi lesquels un aubergiste et un épicier, sont alors désignés d’office par le Directoire du département. En août 1744, l’afflux des troupes transforme le Collège en « hôpital des sans-culottes » et force d’interrompre les classes. Une seule cloche demeure encore dans la tour de l’église des Jésuites :  elle est vendue au citoyen Fr. Hans, ancien commissaire des guerres, qui vient d’ouvrir une école afin de rendre vie au collège disparu. Il faut cependant attendre le Concordat pour que l’ancien collège soit de nouveau affrété à l’éducation de la jeunesse. Le 15 brumaire an XI (6 novembre 1802) un arrêté y nomme comme professeurs trois prêtres déportés en 1793 : Jean Touquet, Joachim Louf, et Charles Ducornetz, et le 29 pluviôse (18 février 1803) « l’école secondaire de Bailleul » est ouverte dans les anciens bâtiments de la Compagnie. La chapelle du Collège restant inutilisée, un autre arrêté du Ministère des cultes, en date du 23 ventôse an XIII (14 mars 1805), y transfère, sous le titre de Saint-Amand, la cure de Bailleul sud-ouest. Le 1er thermidor (20 juillet), Mgr Belmas, évêque de Cambrai, confirme canoniquement, l’érection de la nouvelle paroisse.

Au Collège communal, les classes fonctionnent, sous le contrôle de l’Université de Douai, avec un corps professoral, mi-ecclésiastique, mi-laïc, mais le recrutement des élèves est difficile et les efforts de l’abbé Vitse, nommé principal en 1849, ne parviennent pas à relever la maison. L’abbé Pruvost (1860) lui rend un moment son ancienne prospérité, mais, le 14 juillet 1869, unI incendie, tout en respectant l’église, n’en laisse pas pierre sur pierre. L’emplacement de l’ancien Collège royal des Jésuites est aujourd’hui occupé par un jardin public. Le Mémorial aux Victimes de la guerre occupe la place de la chapelle et de l’autel.

Le 14 juillet 1917 à Hazebrouck

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Le 14 juillet 1917 à Hazebrouck

Le 14 juillet 1917, l’Abbé Lemire, fraichement décoré de la Légion d’Honneur, préside une cérémonie militaire sur le péron de l’Hôtel-de-ville, accompagné d’officiers français (Le général Pelletier de Woillemont est la droite de l’abbé), anglais (général Robert Porter) et néo-zélandais (lieutenant O’Neil). Le matin même, Hazebrouck avait subit des bombardements allemands.

Photographie d’Henry Armytage Sanders – National library of New Zealand

Une mascarade à Dunkerque

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Une mascarade à Dunkerque à la mi-carême

Estampe (date inconnue sans doute fin du XIXe siècle) conservée au MUCEM à Marseille.

Georges Masselis, maire de Cassel (1925-1945)

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Georges Masselis, Maire de Cassel
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Né le 14 août 1873 à Cassel, Georges Masselis a été sucessivement conseiller municipal (1900), adjoint au maire (1919-1925) et maire de Cassel (1925-1945). Il fut également conseiller général (UDR – Droite) du canton de Cassel de 1919 à 1925 et de 1937 à 1940 se spécialisant dans les questions agricoles. Si on lui doit l’électrification de sa commune, il est aussi celui qui décida des disparitions du kiosque à musique et du tramway qui reliait la gare de Bavinchove au sommet du Mont.

Georges Masselis était également un important brasseur de la région – Il avait succédait à son père Jules dans cette fonction. Son grand-père maternel Charles Christiaens était également brasseur à Quaedypre. Il avait épousé en 1903 Jeanne Sapelier (1879-1967), la fille d’un brasseur de Wormhout. Ses bières récompensées par de nombreux prix étaient expédiées dans toute la région, à Lille et à Paris. Georges Masselis confia son établissement à son beau-fils Joseph Pierens, fils d’Alfred, ancien maire de Zuytpeene.

Durant la Première guerre mondiale – âgé de 41 ans en 1914 – il fut affecté comme adjudant au sien de l’état-major de la 1ere Armée. En 1928, il fit partie avec Félix Bollaert et Daniel Tack du comité constitué en faveur de l’érection de la statue équestre du maréchal Foch.

Il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur le 23 août 1933 sur proposition d’Albert Mahieu, sénateur-maire de Rosendaël, éphémère ministre de l’Intérieur sous le gouvernement Tardieu en 1932. La même année, Georges Masselis avait été nommé suppléant au juge de paix de Cassel.

Il décède le 31 janvier 1945 à l’âge de 71 ans peu de temps après avoir été écarté de ses fonctions municipales par le Comité de Libération de Cassel.

Les fonts baptismaux de l’église de Noordpeene

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Les fonts baptismaux de l'église de Noordpeene

Dans l’église Saint Denis de Noordpeene, on trouve des fonts baptismaux, en pierre de Tournai, datant de la fin de l’époque romane (XIIIe siècle). Les faces de la cuve sont ornées de curieux bas-reliefs. Sur une face, Adam et Ève, assis dans une barque, sont sous la menace d’un démon représenté à droite sous la forme d’un monstre ailé à longue queue ; à gauche, un autre monstre assaille un homme de ses tentations. Sur l’autre frise, entre deux dragons, une colombe heureuse d’avoir échappée aux griffes du démon, nettoie ses ailes. A la troisième frise, entre deux autres terribles dragons, est représenté Saint Denis, le patron de l’église.

Dunkerque vers 1600

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Dunkerque vers 1600

Plan-vue de Dunkerque vers 1600 publié dans le Civitates orbis terrarum de Georg Braun et Hans Hogenberg.

Bourbourg vers 1600

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Bourbourg vers 1600

Plan-vue de Bourbourg vers 1600 publié dans le Civitates orbis terrarum de Georg Braun et Hans Hogenberg.

Plan de Bergues (début du XVIIIe siècle)

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Plan de Bergues (Premiere moitié du XVIIIe siècle)

Plan détaillé de la ville de Bergues, variante du plan par Jacques Harrewijn (1660-1727), publiée dans « Les délices des Pays-Bas, ou description géographique et historique des XVII provinces Belgiques » au XVIIIe siècle.

L’ancien hôpital général de Dunkerque

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L'ancien hôpital général de Dunkerque

Bibliographie :

  • Lemaire Louis, « Les anciens hôpitaux de Dunkerque », dans Mémoires de la Société Dunkerquoise, T. 50, 1909, pp. 7-86. Lire en ligne
  • Ryckebusch Olivier, « Un établissement hospitalier au siècle des Lumières : l’hôpital général de la Charité de Dunkerque (1737-1790) » dans Revue du Nord, n° 415, 2016, pp. 307-351. Lire en ligne
  • Ryckebusch Olivier, Les hôpitaux généraux du Nord au siècle des Lumières 1737-1789, Presses Universitaires du Septentrion, 2017, 336 pages.

Le château d’Herzeele

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Herzeele - Le château

Cette demeure, qui se trouve à côté de l’église sur une ancienne motte castrale, date dans sa forme actuelle du second tiers du XIXe siècle. Elle remplace une propriété appartenant aux évêques d’Ypres qui étaient seigneurs d’Herzeele. Les plans cadastre de 1806 et 1810 montrent une maison avec deux ailes. Cette demeure devait servir de presbytère. Le « château » fut acquis par la suite par la famille Heem propriétaire de la briqueterie d’Herzeele fondée en 1807. Construit en brique rouge sur deux niveaux, il est couvert d’un toit en ardoise. Il fut occupée durant la Première Guerre mondiale par des soldats anglais et durant la Seconde Guerre mondiale par des troupes allemandes.

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